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29 octobre, 2008

Surpoids : Pourquoi grossit-on ?

Classé dans : sante — yacine79 @ 13:56

Les chiffres du surpoids chez les adultes font frémir et ceux des enfants sont considérés comme un problème de santé publique. Société obésogène ou incidence de la génétique, mais quelles sont les raisons de ces chiffres aberrants ?

‘Je ne sais pas si le plus dur est le regard méprisant des autres ou le mien sur mon propre corps. Je subis et déteste ma masse, mes bourrelets qui me séparent des autres, d’une vie de légèreté. Cette haine de mon corps me pousse à le détruire toujours plus, en mangeant. C’est comme ça depuis l’âge de 8 ans. Souvent seule dans la cour de l’école, j’étais devenue le souffre-douleur de certains. C’est à ce moment, je crois, que je me suis réfugiée dans la nourriture. Grossir me rassurait ! Depuis, j’ai essayé de nombreux régimes, sans succès ! Et tous ces discours angoissants et martelés sur les risques de l’obésité pour la santé…Je m’en moque, aujourd’hui, je baisse les bras’, confie Sylvie, 36 ans, 107 kg pour 1,67 m.

Surpoids et obésité : Un véritable impact sur la santé 

Comme Sylvie, de plus en plus de Français souffrent de surpoids et d’obésité. La fréquence de l’obésité en France est deux à trois fois plus importante qu’il y a 20 ans, et les cas d’obésité sévère sont trois à cinq fois plus fréquents. Le pays de la gastronomie et du régime méditerranéen est touché de plein fouet par cette épidémie. ‘Il est faux de penser que l’obésité, c’est chez les autres, pour les enfants des voisins ou des Américains… Non, elle est chez nous, et fortement ! Aujourd’hui en France, la fréquence du surpoids et de l’obésité atteint 15 à 20 % de la population infantile, comme aux USA’, déplore Jean-Michel Lecerf, chef du Service de Nutrition à l’Institut Pasteur de Lille. Or, l’obésité et le surpoids posent de véritables problèmes de santé publique : augmentation du risque cardiovasculaire, du diabète, de l’apnée du sommeil, des douleurs ostéo-articulaires… sans parler des troubles affectifs et nerveux engendrés par la perte d’estime de soi. Face à ces risques et surtout au surpoids… financier que cela représente, les pouvoirs publics sont bien décidés à combattre l’obésité sur tous les fronts. Campagnes d’informations et retrait des distributeurs de friandises dans les écoles, avertissements à la fin de chaque slogan publicitaire, etc. Le problème, c’est que les causes de l’obésité ne sont pas toujours là où on les attend…

Un environnement à kilos ! 

Évidemment, tout le monde constate que le mode de vie moderne des pays industrialisés s’accompagne d’une augmentation considérable de l’obésité, notamment chez les enfants. Haro donc sur Mac Donald et les autres fast-foods, symboles de la mal bouffe, sur les sodas américains habillés de canettes rouges ou bleues et sur les publicités pour les friandises, les plats cuisinés et les produits gras. Les professionnels de santé attirent aussi l’attention sur la déstructuration des repas, la taille croissante des portions, l’abandon de la consommation de fruits et légumes et d’aliments peu ou pas raffinés (céréales et pains complets, légumes secs…) et les excès de viennoiseries. Mais, la mauvaise alimentation n’explique pas tout ! ‘En fait, le surpoids et l’obésité sont surtout le résultat d’un déséquilibre entre les dépenses liées à une activité physique de plus en plus faible et des apports alimentaires qui n’ont pas diminué proportionnellement’, explique Jean-Michel Lecerf. Et dans les pays industrialisés, en particulier dans les villes, on bouge de moins en moins, à cause de la voiture et de la multiplication des activités passives, tels les jeux vidéo, le travail sur ordinateur ou la télévision. Par exemple, une heure de télévision hebdomadaire supplémentaire accroîtrait de 2 % le risque d’obésité. Or, actuellement, en France, l’enfant passe en moyenne 20 à 25 heures par semaine devant la télévision ! Et l’offre accrue de chaînes ou la présence d’un écran dans la chambre de l’enfant n’arrange pas la situation…

Et la génétique dans tout ça ? 

Cependant, nous ne sommes pas tous égaux face aux effets dévastateurs des choux à la crème et autres bombes à surpoids. ‘Seuls les enfants constitutionnellement prédisposés peuvent devenir obèses‘, explique Patrick Tounian, professeur dans le service de gastro-entérologie et nutrition pédiatriques à l’hôpital Armand Trousseau. En effet, certains enfants auraient un terrain génétique favorisant l’apparition de l’obésité. L’alimentation moderne et le manque d’activité physique viendraient simplement aggraver ce risque chez ces enfants.

Des mesures inadaptées contre l’obésité ! 

Face à ce constat, on peut se demander si les efforts actuels faits en France (et ailleurs) pour lutter contre l’obésité sont bien adaptés. ‘Laisser imaginer que l’obésité menace tous les enfants et multiplier les campagnes d’information dans ce sens risque d’accroître la discrimination sociale à l’égard des enfants qui deviennent obèses malgré tous ces avertissements. Cela entraîne aussi des troubles du comportement alimentaire chez les nombreux autres enfants qui ne sont pas concernés par le risque d’obésité’, prévient Patrick Tounian. Au lieu de viser l’ensemble des enfants français, il serait certainement préférable de rechercher les jeunes génétiquement à risque d’obésité. Certains professionnels de santé souhaiteraient que l’on cible uniquement les enfants dont au moins un des parents est déjà obèse, et qui sont en surpoids avant l’âge de 6 ans. En effet, ces deux facteurs de risques sont reconnus par de nombreuses études et sont facilement dépistables. ‘On gagnerait en efficacité et en économies, et on diminuerait la psychose liée à l’obésité‘, avance Patrick Tounian.

Obésité : d’autres causes à l’étude… 

Hormis la génétique, d’autres facteurs prédisposeraient un enfant à l’obésité, dès la vie utérine. Ainsi, le tabagisme, le diabète gestationnel et une dénutrition de la mère pendant les deux premiers trimestres de la grossesse rendraient les enfants plus susceptibles de développer une obésité. De même, pendant les premiers mois de la vie, l’allaitement artificiel plutôt que maternel, et des apports accrus en protéines et en acides gras oméga 6 favoriseraient aussi par la suite la survenue de l’obésité. Des études sont néanmoins encore nécessaires pour prouver la véritable influence de ces différents facteurs. Une autre piste est à rechercher du coté…des microbes. Ainsi, un virus (adénovirus 36 pour les intimes) injecté à des souris les rendrait obèses. De plus, l’instillation de la flore intestinale de souris obèses à des souris minces entraîne une prise de poids chez ces dernières. Enfin, les courbes de l’évolution de l’obésité auraient le même fâcheux profil que celles des épidémies infectieuses ! ‘Ces hypothèses paraissent encore extravagantes, mais il est probable qu’elles nous réservent des surprises dans les années à venir. Dans tous les cas, elles démontrent que résumer les causes de l’obésité à la mal bouffe est réducteur et simpliste’, conclut Patrick Tounian. Obésité et surpoids n’ont qu’à bien se tenir, les

Bien reconnaître la sensation de faim ! 

Attention, la faim est parfois confondue avec…la soif. ‘La consommation d’aliments solides calme momentanément la soif. De plus, la fatigue engendrée par la déshydratation est considérée à tort comme un manque de sucre. Cette confusion crée un cercle vicieux, car plus on mange, plus le corps a besoin d’eau’, explique Christopher Vasey, naturopathe. De même, manger comble aussi parfois le sentiment d’ennui. La parade ? Avant de se jeter sur un encas, toujours se demander si la sensation ressentie est celle de la faim ou de l’ennui ! Dans le dernier cas, mieux vaut appeler ses amis plutôt que de manger…

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